PeopleProcès requis pour cyberharcèlement contre le rappeur Booba

AFP
Le rappeur Booba est confronté à la justice pour avoir encouragé le harcèlement de la fondatrice d'une agence d'influenceurs.
La rappeur Booba, le 15 juillet 2022 à La Rochelle
© AFP/Archives

Le parquet de Paris a requis un procès contre le rappeur Booba pour cyberharcèlement de Magali Berdah, fondatrice de l’agence d’influenceurs Shauna Events, a appris lundi l’AFP de sources proches du dossier.

Deux autres personnes se voient menacées d’un procès en correctionnelle aux côtés du “Duc de Boulogne”, pour complicité : Grégory Zaoui, aussi connu par la justice comme l’un des principaux protagonistes de la fraude à la taxe carbone, et une ancienne employée de Mme Berdah.

“Nous nous attendions à ce réquisitoire. C’est simplement le cours normal de la procédure”, ont estimé auprès de l’AFP les avocats du rappeur, Mes Marie Roumiantseva et Gilles Vercken. Il revient désormais au juge d’instruction de trancher sur la tenue d’un procès ou non.

Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, monument du rap depuis les années 1990, s’est lancé en 2022 dans une croisade contre les influenceurs, qu’il a renommés les “influvoleurs”, et leurs pratiques commerciales qu’il présente comme trompeuses.

Avec l’appui de ses “pirates”, une importante communauté numérique relayant les publications du rappeur ou trollant les personnes ciblées par Booba, le rappeur lançait des “malédictions”.

Dans son viseur, notamment: Magali Berdah, qui a vu sa carrière d’agente de stars de l’influence mise à mal. Vingt-huit personnes ont déjà été condamnées pour cyberharcèlement à son égard.

“Booba a voulu me mettre à terre et me rendre infréquentable”, a réagi lundi Magali Berdah, contactée par l’AFP. “J’ai énormément souffert de cet harcèlement inhumain, ma famille aussi. J’ai même tenté plusieurs fois d’en finir, non pas par lâcheté mais pour libérer mes proches de cet enfer. Mais j’ai tenu, et je me sens aujourd’hui comme une guerrière et j’irai jusqu’au bout, grâce à la justice, afin que ça ne se reproduise plus jamais”.

“Nous attendons désormais qu’une ordonnance soit rendue rapidement afin qu’un procès puisse se tenir dans les meilleurs délais”, ont abondé ses avocats, Mes Antonin Gravelin-Rodriguez, Rachel-Flore Pardo et David-Olivier Kaminski.

Outre son propre cyberharcèlement, Magali Berdah impute à Booba un lourd préjudice causé à Shauna Events, société spécialisée dans les influenceurs, qu’elle a fondée. Elle accuse le rappeur d’avoir cyberharcelé et menacé les marques qui travaillaient avec elle, afin qu’elles rompent leur collaboration.

Et vient de faire saisir par le tribunal judiciaire de Paris près de 40 millions d’euros à “titre conservatoire” sur les droits d’auteur et comptes bancaires de Booba.

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