
"Rome, vue de l'Aventin", exposé pour la première fois en 1836, n'a été vendu que deux fois depuis et porte encore les empreintes digitales de l'artiste, ainsi que des poils de son pinceau.
"La peinture est aussi fraîche, aussi tridimensionnelle et aussi riche qu’au jour où il l’a appliquée sur la toile", a déclaré à l’AFP Julian Gascoigne, spécialiste senior de la peinture britannique chez Sotheby’s, qualifiant cette œuvre de "tableau exceptionnel".
Lors de la présentation de la toile au Palazzo Rondinini, un édifice baroque situé en plein coeur de Rome, M. Gascoigne a expliqué que le tableau n’avait jamais été rentoilé ni nettoyé et qu’il reposait toujours sur le châssis d’origine de l’artiste.
William Turner a appliqué à l'huile les techniques propres à l'aquarelliste, en superposant des couches successives de peinture translucide pour créer un effet brumeux.
"C'est précisément cette technique et cette application de la peinture qui ont tant inspiré des artistes comme Monet et les impressionnistes français", a souligné M. Gascoigne.
Le tableau restera exposé au public pendant trois jours avant d'être présenté à Hong Kong et à New York, en amont de la vente aux enchères qui se tiendra à Londres le 9 décembre.
Sotheby's a déclaré s'attendre à ce que ce chef-d'œuvre soit adjugé à environ 50 millions de livres sterling (58 millions d'euros), ce qui battrait le record de vente aux enchères pour une œuvre de Turner, établi par ce même tableau lors de sa dernière vente en 2014.
Cette œuvre a été commandée par Hugh Andrew Johnstone Munro de Novar, ami et mécène de Turner, puis acquise en 1878 par Archibald Primrose, 5e comte de Rosebery et futur Premier ministre britannique.
Elle est restée dans la famille Rosebery jusqu'en 2014, date à laquelle elle a été vendue aux enchères chez Sotheby's à un acheteur privé pour 30,3 millions de livres sterling (35,3 millions d'euros).
Mario Tavella, président de Sotheby's Europe, a déclaré qu'il espérait que l'œuvre finisse dans un musée public "où elle pourrait être admirée par tous".
Interrogé sur les mesures de sécurité mises en place suite à une série de vols d'œuvres d'art très médiatisés à travers l'Europe, M. Tavella a répondu : "Nous avons pris toutes les précautions nécessaires".
"Nous disposons d'un système bien rodé, avec toutes les précautions en place pour garantir que les œuvres soient entièrement protégées, qu'elles ne subissent aucun dommage et qu'elles ne soient pas volées", a-t-il ajouté.