
Jusqu’à présent au Luxembourg, une victime d’"upskirting”, une forme de voyeurisme, disposait de peu de possibilités juridiques pour se défendre. Mais la loi va changer. Une proposition de loi adoptée à l’unanimité par les députés mardi, va changer cela.
L’"upskirting” est un anglicisme utilisé pour désigner l’acte de photographier ou de filmer les parties intimes d’hommes ou de femmes. Il peut s’agir, par exemple, de photographier un décolleté ou sous la jupe d’une femmes. Avec la multiplication des caméras miniaturisées et des smartphones, les possibilités de commettre de tels actes ont augmenté et la législation doit être adaptée à la situation actuelle.
Le député CSV Gilles Roth, qui a déposé cette proposition de loi il y a deux ans à la Chambre, explique: “Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. Mais certainement d’un phénomène qui s’est renforcé grâce à l’utilisation de nouveaux ordinateurs, de matériel informatique, de hardware et de software, des nouvelles technologies, mais surtout par la diffusion sur les réseaux sociaux.”
Avec l’ancrage de la proposition de loi dans le Code pénal, cette forme de voyeurisme ne pourra plus être banalisée comme une peccadille. La gravité de la sanction sera adaptée en conséquence. Gilles Roth: “La peine de référence pour un tel abus sera une peine de prison de deux mois à un an et une amende de 251 à 15.000 euros.”
Si la victime est mineure, la peine pourra être doublée, de même si les faits se sont déroulés dans les transports publics ou s’ils ont été partagés sur les réseaux sociaux.
La ministre de la Justice, Sam Tanson, souligne aussi l’importance du travail de prévention et de la sensibilisation des plus jeunes.
“Que nous mettions des limites, que ces limites soient très claires. Qu’il soit évident que certaines choses ne peuvent pas se produire. Et que si cela ne fonctionne pas, que cela puisse non seulement mener à un dépôt de plainte, mais que cela conduise aussi à une sanction”, affirme Sam Tanson.
C’est un fait divers survenu en 2017 qui a été le déclencheur de la proposition de loi. Un homme avait filmé sous les jupes de femmes à plusieurs reprises dans des transports publics. Et cela au moyen d’une caméra dissimulée dans un sac. A cause du manque de moyens juridiques, le cas avait alors été classé sans suite.