L'un des plus habiles manipulateurs de la langue française qu'abrite le Grand-Duché sort un nouveau livre. Le recueil "Blasons d'histoires" sera disponible en avant-première ce weekend aux journées du livre de Walferdange.

On pourrait qualifier la production de l'ancien professeur de français du lycée l'Athénée de pléthorique. Jean Sorrente, dont le pseudonyme renvoie à l’endroit où Virgile fit une offrande à la déesse Vénus pour que celle-ci lui permette d’achever l’Énéide, est un romancier, poète et essayiste dont les écrits ont abreuvé tous les supports possibles : littérature générale, essais, livres d'art ou chroniques de presse ((dans le Luxemburger Wort et le Tageblatt notamment).

Jean Sorrente a été distingué à plusieurs reprises, notamment du Prix de la Libre Académie de Belgique en 1998 et du Prix Servais en 2003 pour Et donc tout un roman.

"Si le roman permet d'embrasser la complexité du monde, la microfiction en est l'épure."

Son nouveau livre, Blasons d'histoires (Hydre Éditions), paraîtra officiellement en librairie le 27 novembre, même s'il sera déjà en vente aux Walfer Bicherdeeg qui auront lieu les 18 et 19 novembre. Et pour la première fois, l'auteur luxembourgeois a opté pour un format de textes très courts.

"C'est un tableau qui m'a inspiré, nous a-t-il confié, une grande composition qui représente une multitude de visages. Chacun de ces portraits a son histoire que Régis Jauffret appelle une microfiction. C'est le cas de mes Blasons. Si le roman permet d'embrasser la complexité du monde, la microfiction en est l'épure."

On se délecte de ces histoires concises, qu'on peut lire dans le désordre ou non, qui nous font croiser des personnages troublés et parfois troublants - un buraliste prédateur ! - et dans lesquelles le lecteur navigue entre réalisme et symbole, entre réflexion sociétale et allégorie.

Jean Sorrente est connu pour sa grande exigence vis-à-vis de la langue française. Pour autant, loin des débats parfois enflammés que suscitent le multilinguisme et par extension la compétition entre les langues au Grand-Duché, l'auteur ne se sent "investi d'aucune mission." Mais il reconnaît "qu'aujourd'hui, à la faveur de l'immigration, le français est la première langue véhiculaire et, à ce titre, un facteur d'intégration."

Une lecture ouverte au public de quelques extraits de Blasons d'histoires aura lieu en avant-première à l'atelier de Robert Brandy, 18,rue Auguste Neyen à Luxembourg, le jeudi 23 novembre à 19 heures.

Blasons d'histoires (Hydre Éditions) Collection : Fik/ction - 236 pages - Prix : 18,00 €