Le secteur du bâtiment est en crise au Luxembourg: là-dessus, tous les acteurs de la branche sont d'accord. Les responsables syndicaux ont rencontré les responsables politiques ce vendredi après-midi.

C'est dans le contexte de cette crise que les représentants des syndicats et des employeurs se sont retrouvés pour le première fois vendredi matin. Préalablement à ces rencontres, l'OGBL et le LCGB ont mobilisé leurs membres respectifs jeudi soir.

Vendredi après-midi, les ministres de l'Économie et du Travail, Lex Delles et Georges Mischo, ont rencontré les délégations syndicales de l'OGBL et du LCGB. Les membres du gouvernement ont souligné qu'ils étaient "ouverts" à un plan sectoriel de maintien dans l'emploi pour le secteur du bâtiment, mais à une condition: les deux syndicats doivent se mettre d'accord avec le patronat.

Du côté de l'OGBL, on se montrait plutôt sceptique à cette idée, en raison de la crainte que les entreprises profiteraient de ces aides alors qu'elles n'en ont pas réellement besoin. Les ministres ont précisé qu'ils pourraient mettre en place certains mécanismes de protection afin d'éviter tout abus.

Les autorités ont également tenu à souligner que ces nouvelles mesures ne concernaient pas tout le secteur, mais "seulement" les 20.000 salariés du bâtiment. Les syndicats et le patronat vont tenter de se réunir au plus vite afin de trouver, le cas échéant, un accord.

Rassemblements

Environ 200 personnes ont participé à la manifestation organisée par la Confédération syndicale indépendante du Luxembourg, en bref, l'OGBL, au Casino syndical à Bonnevoie. Les trois principaux thèmes de la soirée étaient les conditions générales de travail dans le bâtiment, la convention collective du secteur et la flexibilité du temps de travail.

RTL

A propos des négociations sur une nouvelle convention collective, qui n'avancent pas depuis plus d'un an, la présidente de l'OGBL, Nora Back, n'accepte pas que toute amélioration soit exclue en renvoyant à la crise que traverse le secteur.

"Nous avons attiré l'attention à plusieurs reprises sur le fait que cette crise n'affecte pas de la même manière toutes les entreprises du secteur de la construction. Il y a bien sûr de grandes entreprises où cela continue à aller très bien et plusieurs petites entreprises qui sont davantage touchées. Mais nous en sommes conscients et nous sommes également prêts à adapter notre catalogue de revendications à ces conditions. Mais il n’est pas possible qu’on nous dise pendant 18 mois que rien ne se passe et que la convention collective ne sera pas maintenue et que maintenant il y a une crise et il faut un gel des salaires."

150 personnes ont assisté au rassemblement organisé par la  Confédération luxembourgeoise des syndicats chrétien (LCGB) jeudi soir dans un hôtel à Dommeldange. Selon le président du syndicat, Patrick Dury, la situation dans le bâtiment n'est vraiment pas bonne. Chaque mois, 12 à 15 entreprises viennent voir le syndicat, parce qu'elles ne peuvent plus payer les salaires de leurs employés et sont au bord de la faillite. Afin de garantir les emplois, le LCGB mise surtout sur une piste:

"Pour le LCGB, cet instrument, c'est le plan de maintien dans l'emploi sectoriel. C'est en fait ce dont nous avons besoin ici, pour pouvoir réussir à passer le cap de cette traversée du désert, si je puis dire, grâce au chômage partiel et à d'autres instruments, jusqu'à ce que le gouvernement réussisse à relancer ce secteur."

Il faut tout faire pour construire davantage. Le syndicat ne peut pas dire si les mesures présentées jusqu'à présent par le gouvernement suffiront. Mais il faudra du temps pour qu'elles produisent leurs effets, c'est pourquoi le plan de maintien dans l'emploi sectoriel est si important.