Plusieurs pôles d’intérêt vont baliser la seconde partie du championnat de BGL qui reprend ses droits ce dimanche.

Une saison de football en BGL Ligue n’est pas un enchaînement de 30 matchs mais bien de deux fois 15 rencontres. La nuance est aussi importante que celle qui consiste à dire qu’une partie ne dure pas 90 minutes mais deux fois 45.

Si, dans 75% des cas, le champion d’automne est aussi celui qui lève les bras en fin de saison, la trêve hivernale de deux mois peut venir bouleverser les équilibres. Elle a, par exemple, permis au Swift de venir coiffer Dudelange la saison dernière. Les deux équipes étaient toutefois au coude à coude à mi-parcours.

Cette saison, Differdange tient le bon bout mais trois autres équipes semblent encore en mesure de soulever le trophée. Dudelange ne compte que quatre points de retard. Le multiple champion national a perdu son entraîneur, parti à Ostende, mais a joué la carte de la continuité en confiant les rênes du groupe à Claudio Lombardelli, adjoint de Jay Shoffner en première partie de saison. Les difficultés financières traversées par le F91 ne semblent pas affecter un groupe qui n’est pas le plus étoffé du peloton de tête mais qui peut se montrer extrêmement compétitif.

Le Swift n’a qu’une longueur de retard sur Dudelange. Constamment sur un volcan, Hesperange a de nouveau défrayé la chronique avec des retards de paiement qui ont mis le groupe en colère et rejeté dans le noyau B l’un ou l’autre cadre. Celle-ci va-t-elle se transformer en saine agressivité au point de renverser la compétition? Le champion en titre s’est, en tout cas, donné les moyens de reconduire son bail avec de nouveaux ajustements opérés dans l’effectif. La venue de Raphael Holzhauser, notamment, pourrait apporter une arme de plus dans l’inépuisable arsenal des Hespérangeois.

Le quatrième larron, Niederkorn, s’est lui aussi réapprovisionné et dispose de l’un des groupes les plus complets du plateau. La seconde partie de saison des Jaune et Noir lors de l’exercice précédent appuie la thèse d’un possible renversement complet de situation. Mais pour ça, il faudra compter sur un effondrement de Differdange. Le leader n’a jamais été aussi bien placé pour ceindre la couronne pour la première fois de son histoire. Son total de points à mi-saison (33 sur 45) n’est pourtant pas pharaonique mais il s’est dégagé comme une impression de sérénité d’un groupe qui semble bien vivre. L’arrivée d’Artur Abreu est un atout supplémentaire dans la manche des vainqueurs de la Coupe de Luxembourg.

Derrière, c’est l’embouteillage

Les huit points qui séparent le cinquième, le Racing, du 14e, Käerjéng laissent la porte ouverte à tous les scénarios dans un championnat qui n’a jamais proposé une telle configuration resserrée. On imagine mal un cinquième larron venir se mêler au carré d’as même si l’Union Titus Pétange, désormais orphelin de son meilleur joueur, doit faire mieux qu’au premier tour. Un seul mot d’ordre pour tous les autres: se rassurer au plus vite.

Il n’y a pas de victime consentante cette saison. Le Fola est reparti dans la même croisade que la saison dernière. Dépouillé de deux attaquants, il devra déployer des trésors d’imagination et une énergie débordante pour s’en sortir. Son prestigieux voisin eschois, la Jeunesse, n’est guère logé à meilleure enseigne. Il n’est pas parvenu à se sortir d’une spirale négative qui pourrait le maintenir la tête sous l’eau une bonne partie du second tour.

Sous le vernis de cette bataille qui s’annonce sans merci se dissimule de plus en plus de difficultés financières que les clubs ont du mal à combattre. Le niveau s’est fait cruellement ressentir au premier tour avec un nivellement par le milieu qui n’augure pas d’envolée lyrique après la pause. Le mode survie est rarement le plus glamour mais l’observateur neutre trouvera sans doute son bonheur dans le suspense.