C'est une stratégie à laquelle les employeurs ne pensent sans doute pas pour augmenter la productivité de leurs équipes. Tout simplement parce qu'il s'agit du moment de la journée pendant laquelle on ne travaille pas ! Et pourtant, le déjeuner apparaît - en tout cas aux Etats-Unis, comme une pause clé pour être davantage productif.

"On se pose ce midi ?" - Comprendre: "on sort au restaurant à l'heure du déjeuner ?". Voilà le genre d'interrogation qui est lancée, bien souvent dès 11h du matin dans les bureaux. Dans certains pays plus que d'autres.

On sait que le moment à table pour les Français est un moment sacré. La dernière étude de l'OCDE révélait d'ailleurs cet été qu'ils consacraient entre 2 heures et 13 minutes aux repas alors que la moyenne mondiale s'établit à 1h31 par jour. Tout en bas du classement, on trouve les Américains qui ne réservent que 1h02 pour se nourrir et boire.

Pourtant, au pays du self-made man, la pause déjeuner apparaît comme un outil intéressant pour favoriser sa productivité, à en croire le rapport élaboré par ezCater, un fournisseur américain de solutions en restauration d'entreprises. Parmi les employés interrogés, 78% considèrent ce moment de la journée comme un moyen d'améliorer leurs performances.

En bref, rien de tel que de recharger les batteries pour être davantage bénéfique à son entreprise. Les bénéfices de la pause déjeuner sont même bien plus importants qu'on ne le pense puisque la moitié des salariés américains trouvent qu'en arrêtant temporairement leur travail pour se nourrir, cela fait baisser la jauge de stress. Par ailleurs, 53% se disent même que le déjeuner les rend plus heureux.

La pause déjeuner serait-elle un moyen de réconcilier patrons et salariés, en tout cas du point de vue de ces derniers aux États-Unis? À en croire les personnes qui font du télétravail ou qui ont une organisation hybride, elles seraient plus enclines à revenir au bureau si le déjeuner était offert. Les membres de la génération Z se disent particulièrement intéressés par cette opportunité. Plus de 80% d'entre eux verraient cet avantage comme une source de motivation pour se rendre au travail, contre 67% pour les autres.

La pause déjeuner pourrait être un axe de développement pour les employeurs en quête d'une meilleure productivité. Car le pourcentage de salariés déclarant ne jamais prendre de pause déjeuner est en hausse de 40% par rapport à l'an dernier. Environ un travailleur sur deux (48%) saute le déjeuner au moins une fois par semaine (70% chez les Z). Et si pour 29%, ce break au milieu de la journée est sacré, 62% n'utilisent pas forcément de ce temps libre pour manger. On comprend mieux pourquoi le temps passé à table aux États-Unis ne se limite qu'à une heure par jour...