Certains salariés multiplient les séances de travail nocturnes pour avancer sur leurs missions professionnelles. Mais cette stratégie s’avère contre-productive et délétère pour leur santé mentale, comme le révèle une enquête de Slack.

Dans les faits, environ 40% des employés de bureau disent faire régulièrement des heures supplémentaires. Il est intéressant de noter que la plupart des actifs qui travaillent en dehors des horaires de boulot (54%) ne le font pas par choix. Ils se sentent obligés de le faire.

Pour cause, les adeptes des heures supplémentaires ont souvent l’impression de ne pas avoir le temps d’accomplir tous les éléments de leur to-do list durant leur journée de travail. Des priorités concurrentes les empêchent d’organiser leur temps comme bon leur semble, ce qui nuit, à leurs yeux, à leur productivité.

Les réunions par exemple. Un salarié sur quatre estime qu’il passe trop de temps en réunion, qui se déroulent désormais à distance ou autour d’une table. Ce ressenti est particulièrement répandu chez les managers, et plus particulièrement les cadres dirigeants (55%).

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Quelque 25% des actifs affirment qu’ils consacrent une grande partie de leur temps à rédiger ou à répondre à des mails. Et ce n’est pas qu’une impression: les employés de bureau passeraient, chaque année, l’équivalent de trois semaines voire un mois à trier leur boîte mail professionnelle, d’après une enquête de LiveCareer.

La multiplication des réunions et des mails (mais aussi des notifications sur les messageries professionnelles) contribue à intensifier les journées de travail et à les rendre de moins en moins linéaires. Les salariés sont souvent interrompus dans leur production personnelle, ce qui les pousse à rattraper le temps perdu en dehors de leurs horaires usuels.

Cependant, faire des heures supplémentaires à répétition n’est pas sans conséquence. Les salariés qui se sentent obligés d’en effectuer ont tendance à être plus stressés et plus insatisfaits vis-à-vis de leur carrière que leurs homologues qui respectent leurs horaires de travail. Ils sont aussi deux fois plus susceptibles de se sentir surmenés.

Ce qui peut conduire à la fatigue, à l’épuisement… et à une baisse générale de la productivité. En effet, le rapport de Slack* affirme que les employés qui se sentent obligés de faire des heures supplémentaires sont 20% moins efficaces durant leur journée de travail. Le comble de l’ironie.

*Quelque 10.333 travailleurs vivant aux États-Unis, en Australie, en France, en Allemagne, au Japon et au Royaume-Uni ont été interrogés pour les besoins de cette enquête, entre le 24 août et le 15 septembre 2023.

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