Six semaines après la triste soirée du 29 octobre et le caillassage du car de l'OL, Marseille et Lyon se sont retrouvés au Stade Vélodrome mercredi pour un match qui s'est cette fois déroulé sans incident et qui a vu l'OM s'imposer 3-0 sans aucune difficulté.

Fin octobre, les images du visage ensanglanté de l'entraîneur lyonnais Fabio Grosso, depuis démis de ses fonctions, avaient fait le tour du monde et placé le football français dans l'embarras et la tourmente.

Cette fois, le car - banalisé - des Lyonnais est arrivé sans encombre au Vélodrome et il y a eu du football, même s'il n'y a pas vraiment eu de match pour autant, tellement l'OL, plus que jamais dernier du championnat, a été d'une invraisemblable faiblesse.

Dans un contexte encore alourdi par le décès d'un supporter samedi à Nantes, la partie a débuté au milieu des protestations de deux groupes de fans marseillais, qui avaient déployé des banderoles contre les probables interdictions de déplacements de supporters à venir.

Peu avant le coup d'envoi, on avait d'ailleurs appris que les supporters lyonnais n'auraient pas le droit de se déplacer pour un match ferme et trois avec sursis, en sanction des actes racistes commis le 29 octobre, soirée décidément de sinistre mémoire.

Le match de mercredi, lui, a été à sens unique, dominé dans absolument tous les domaines par Marseille, meilleur que ces dernières semaines et bien aidé par l'OL, qui n'a qu'un seul objectif raisonnable cette saison, le maintien.

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L'attaquant marseillais Vitinha (c) face au défenseur lyonnais Sael Kumbedi, le 6 décembre 2023 au stade Vélodrome / © AFP

Alors que l'enchainement de trois matchs à domicile face à l'Ajax Amsterdam, Rennes et Lyon, pouvait sembler dangereux pour l'OM, l'équipe de Gennaro Gattuso en est sortie par le haut, avec trois succès, une confiance consolidée et un classement un peu plus présentable (8e à six points de Lille et de la zone Ligue des Champions).

Mais qu'une équipe aussi moyenne que l'OM de ces dernières semaines ait pu infliger une telle leçon de football à l'OL pendant presque tout le match en dit surtout très long sur le naufrage qu'est la saison lyonnaise.

Pendant 30 minutes, les Lyonnais n'ont rien réussi et ont tout raté, laissant l'OM s'installer confortablement dans la partie, malgré un positionnement tactique inédit (5-3-2) et en dépit des absences au coup d'envoi de Geoffrey Kondogbia et Jonathan Clauss, sans doute les deux joueurs les plus constants des dernières semaines.

Sans surprise, le très fragile château de cartes lyonnais s'est ensuite effondré très vite, sur deux accélérations de Pierre-Emerick Aubameyang.

À la 21e minute, le Gabonais a offert une première passe décisive à Vitinha (1-0) au bout d'une action rapide, au début de laquelle les Lyonnais s'étaient arrêtés, attendant manifestement que l'arbitre siffle une faute de... Rayan Cherki.

Le Vélodrome moqueur

Et moins de cinq minutes plus tard, Aubameyang a de nouveau dépassé son vis-à-vis pour déposer le ballon sur la tête d'Amir Murillo au deuxième poteau (2-0, 25e).

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Le milieu de l'OM Amine Harit (g) à la lutte avec le Lyonnais Clinton Mata, le 6 décembre 2023 au stade Vélodrome / © AFP

Ensuite, Anthony Lopes a sauvé Lyon du naufrage total en déviant un tir de Jordan Veretout (35e) et la première période s'est terminée sans plus de dégâts.

Mais après la pause, le duo Aubameyang-Vitinha a réglé l'affaire rapidement. Le Portugais s'est amusé avec Dejan Lovren et ses vieilles jambes avant de donner un ballon parfait à Aubameyang, auteur du but du 3-0 (55e).

Sorti sous l'ovation après être entré sous la bronca il y a une semaine contre l'Ajax, le Gabonais a été le meilleur joueur de la soirée et son réveil est une excellente nouvelle pour l'OM.

La partie s'est ensuite finie sans frisson et sous les "Olé !" moqueurs du Vélodrome. Avec trois victoires consécutives, une première cette saison, l'OM enchaîne. Celle-ci va faire du bien à Marseille et beaucoup de mal à l'OL.