La lutte contre la désinformation venant de la Russie et le soutien accru à l'Ukraine figurent lundi au menu des discussions des ministres des Affaires étrangères français, allemande et polonais, réunis près de Paris.

La lutte contre la désinformation venant de la Russie et le soutien accru à l'Ukraine figurent lundi au menu des discussions des ministres des Affaires étrangères français, allemande et polonais, réunis près de Paris.

Le nouveau chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné a convié ses homologues allemande Annalena Baerbock et polonais Radoslaw Sikorski à une réunion en format "Weimar" au château de La Celle-Saint-Cloud, en banlieue parisienne, lieu historique et propriété du ministère des Affaires étrangères qui accueillit autrefois la reine Elisabeth II et la "First Lady" Jacqueline Kennedy.

Lundi, la France, l'Allemagne et la Pologne dévoileront une nouvelle coopération contre les opérations étrangères de désinformation, venant notamment de Russie, a annoncé ce week-end M. Séjourné.

En outre, les ministres feront conjointement état de nouvelles attaques informationnelles lancées par Moscou contre les trois pays.

"Nos trois pays ont été victimes de la même stratégie de déstabilisation. Lundi, on fera des annonces sur une nouvelle coopération contre la désinformation et des attaques informationnelles russes", a déclaré Stéphane Séjourné dans un entretien au quotidien régional français Ouest-France, paru samedi.

Jusqu'à présent, les attaques ont été lancées via des usines à trolls et de faux sites d'actualité.

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Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Stéphane Séjourné arrive au palais de l'Elysée, le 18 janvier 2024 à Paris / © AFP/Archives

"On dévoilera de manière transparente aux opinions publiques les instruments de cette désinformation. On dévoilera des attaques qui sont commises. Et avec des preuves", a-t-il assuré, relevant aussi "des éléments concordants qui indiquent qu'il y a des opérations dormantes. Des outils activables à tout moment, notamment pendant une élection" dans les trois pays.

Selon le ministre, ces attaques visent à diviser les opinions publiques faute de cliver les dirigeants de l'Union européenne qui entendent poursuivre leur soutien à l'Ukraine en guerre contre la Russie.

Le jour même de sa prise de fonction, Stéphane Séjourné l'a martelé: "aider l'Ukraine, c'est garantir la victoire de la démocratie". C'est ainsi Kiev que le ministre avait choisi pour son premier déplacement officiel avant de se rendre à Berlin et Varsovie.

Poids considérable

A son arrivée au Quai d'Orsay, il y a tout juste un mois, Stéphane Séjourné avait aussi clairement signifié qu'il donnerait la priorité à l'Europe et qu'il relancerait le triangle de "Weimar", coopération entre la France, l'Allemagne et la Pologne mise en sommeil ces dernières années.

Le moment est propice, la Pologne étant dirigée, depuis sa victoire électorale en octobre, par une coalition pro-européenne menée par l'ancien chef du Conseil européen Donald Tusk, note-t-on côté français et allemand.

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La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock et son homologue polonais Radoslaw Sikorski se saluent, le 30 janvier 2024 à Berlin / © AFP

Paris, Berlin et Varsovie estiment que la coopération renforcée dans le cadre du triangle de Weimar est un moyen de consolider la position de l'Europe sur la scène internationale et de répondre plus efficacement aux défis communs. Car à eux trois, leur poids est considérable tant sur le plan géographique - puisqu'ils représentent à la fois l'Europe de l'Ouest, l'Europe centrale et l'Europe de l'Est - que sur le plan démographique avec quelque 200 millions d'habitants, soit près de la moitié de la population de l'UE.

Leur poids est aussi militaire (plus d'un quart des dépenses militaires) et politique avec une large représentativité.

Lundi, il sera aussi question du Proche-Orient et de la guerre à Gaza, autre grand sujet de préoccupation qui a semblé un temps éclipser la guerre en Ukraine.

Stéphane Séjourné, qui était tout récemment dans la région, abordera avec ses homologues la lutte contre le terrorisme, la libération des otages dont trois Français encore retenus dans la bande de Gaza, les sanctions contre le mouvement islamiste palestinien Hamas et contre les colons israéliens violents en Cisjordanie, le cessez-le-feu humanitaire ou encore les possibles initiatives pour éviter une escalade régionale.

Une déclaration commune devrait être publiée à l'issue de cette réunion et une conférence de presse est prévue à 17H15 (16H15 GMT).