L'Ukraine a ouvert une enquête portant sur des contrats d'achats d'armes pour ses forces armées, a indiqué mardi le chef du parquet spécialisé dans les affaires de corruption (SAP) Oleksandre Klymenko.

"Il y a plusieurs procédures liées aux achats d'armes. L'enquête est en cours et nous ne divulguerons pas les détails", a indiqué M. Klymenko à des journalistes.

Il s'agit de plusieurs contrats, certains allant jusqu'à 100 millions d'euros, a-t-il précisé, tout en ajoutant qu'une "enquête ne signifie pas forcément" qu'il y a eu un détournement de fonds.

"Il faut enquêter et établir des faits", a-t-il expliqué, "c'est ce que nous faisons".

M. Klymenko et la cheffe de la commission anti-corruption du Parlement, Anastassia Radina ont assuré n'avoir reçu aucune plainte des alliés étrangers qui fournissent l'essentiel des armements dont Kiev a besoin pour se défendre de l'invasion russe.

La corruption est un mal endémique en Ukraine et l'un des grands chantiers du gouvernement depuis avant la guerre.

Plusieurs scandales de corruption ont éclaboussé des responsables ukrainiens ces derniers mois, y compris au sein du ministère de la Défense.

Mais les accusations de corruption n'ont jamais concerné directement l'aide militaire et financière apportée par les Occidentaux.

"Nous disons constamment à nos partenaires que s'ils ont des informations témoignant de corruption ou de la mauvaise utilisation de l'assistance fournie, nous sommes prêts à en faire une priorité absolue", a affirmé M. Klymenko.

Mme Radina, qui fait également partie d'une commission spéciale parlementaire supervisant l'utilisation d'armements étrangers par l'armée ukrainienne, a de son côté assuré qu'aucun "cas confirmé de mauvaise utilisation des armes fournies" n'a été recensé par les Occidentaux et leurs attachés militaires en Ukraine.

L'Ukraine a reçu de ses alliés, en premier lieu les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne, des dizaines de milliards de dollars d'aide.