Il existe 475 familles d'accueil dans le pays, mais il en faudrait deux fois plus pour que les enfants ne soient plus placés en institution, plaide une association.

C'est ce qu'affirme l'association "Fleegeeltere Luxembourg", qui représente les intérêts des enfants placés et de leurs familles. Le fait que 60% des enfants soient placés dans des refuges au Luxembourg est dû au fait qu'on "ne fait pas assez pour recruter de nouvelles familles" plaide l'association.

Selon la présidente de l'association Mireille Molitor, les efforts ne sont pas faits pour créer le cadre adéquat et ainsi échapper aux nombreux placements institutionnels. On parlerait sans cesse de la réforme de la loi sur la protection de la jeunesse, mais même avec cela, les conditions ne s'amélioreraient pas :

"Il y aura une grande réforme de l'autorité parentale, où à l'avenir les familles d'accueil ne pourront décider que des actes habituels, pour les autres il faut toujours la signature des deux parents d'origine. Ensuite il y aura des changements au niveau des pensions et de l'accès à la justice. De grands changements qui façonnent notre vie quotidienne et la rendront beaucoup plus compliquée."

"On a le sentiment de n’être absolument pas valorisé" plaide l'association qui a des revendications claires : "Les parents d'accueil devraient être assimilés aux parents adoptifs, ils devraient bénéficier d'un congé d'accueil et d'un congé parental. Notre statut devrait également être clarifié, car il ne repose actuellement que sur quelques bénévoles et nous n'avons absolument aucune garantie légale."

Il y aurait un manque de sensibilisation et de recrutement. L'association regrette également que depuis 2016 aucune campagne n'ait été menée par le ministère de l'Éducation. Cela tient au fait qu'une grande campagne n'aurait aucun sens tant que la nouvelle loi sur la protection de la jeunesse ne sera pas en vigueur, affirme l'Office national de l'enfance.

La prochaine campagne sera planifiée lorsque la réforme sera votée, explique la directrice de l'ONE, Michèle Bressanutti : "nous travaillons constamment sur des campagnes de sensibilisation plus modestes, le bouche à oreille, sur le site Internet, des brochures actualisées et la sensibilisation des personnes en contact avec les enfants, les pédiatres et les cliniques par exemple." Elle explique aussi qu'on ne peut pas non plus mettre sur le même plan famille d'accueil et famille adoptive, car les objectifs sont différents. Le but d’un enfant placé est d’être placé temporairement dans une famille d’accueil. Concernant les placements, "on ne peut pas généraliser, car chaque cas d'enfant à placer serait différent". L’objectif serait toujours de placer le moins d’enfants possible.