Les victimes de violences conjugales doivent savoir qu'il existe des endroits où elles peuvent obtenir de l'aide, tel est l'appel lancé par l'ASBL Femmes en détresse.

La violence n’est jamais acceptable, quelles que soient les circonstances. Pendant la campagne Orange Week, une attention particulière est accordée à la violence contre les femmes et les jeunes filles. Dans le cas où quelqu'un est victime de violences domestiques, il est important de savoir qu'il existe des endroits où cette personne peut obtenir de l'aide, mais souvent les victimes ne se manifestent que très tardivement.

Au départ, une victime de violences peut douter si elle va ou si elle doit entreprendre quelque-chose, il est possible qu'elle se demande si elle n'est pas responsable, même si ce n'est jamais le cas. Souvent, les gens ne remarquent pas immédiatement qu'ils sont victimes de violence.

Cela commence souvent par des violences psychologiques

Andrée Birnbaum, directrice générale de Femmes en détresse, explique que c'est un processus rampant, qui débute souvent avec des violences psychologiques: "Simplement dénigrer quelqu'un dans le style 'tu ne sais pas cuisiner, tu n'es pas capable d'aider les enfants à faire leurs devoirs, regarde-toi, tu as pris du poids, tu as trop grossi, tu ne ressembles plus à rien, ces cernes que tu as sous les yeux'... Ce sont des petites remarques qui font très mal, mais les femmes ne réalisent pas qu'il s'agit de violences."

Idéalement, dès qu'une femme réalise qu'elle est victime de violences, elle devrait chercher de l'aide. Le passage de la violence psychique à la violence physique peut prendre des années, selon Andrée Birnbaum. "A ce moment-là, les victimes sont souvent déjà si affaiblies, elles ne se croient plus capables de rien, elles n'ont plus confiance en elles et elles ne remarquent même plus qu'elles sont des victimes et alors il est souvent beaucoup trop tard."

La directrice générale de Femmes en détresse souligne l'importance de porter plainte auprès de la police, une plainte que les agents doivent enregistrer. En outre, la victime peut faire constater et documenter ses blessures auprès du service Umedo du Laboratoire national de Santé. C'est gratuit et confidentiel. Les preuves sont conservées 10 ans.

Un médecin remarque-t-il si un patient a été battu?

Le docteur interroge évidemment le patient ou la patiente sur ce qui s'est passé. Mais souvent les victimes ne peuvent pas en parler, ou en tout cas pas directement. Elles disent qu'elles se sont cognées ou qu'elles sont tombées dans les escaliers.

"Ce sont des choses, qui, si elles arrivent régulièrement à la même personne, c'est qu'il y a quelque-chose d'anormal. Aux urgences, si le personnel est au courant, il peut réagir autrement. Il peut tenter de parler seul à seul avec la victime ou lui donner simplement les informations sur les services auxquels elle peut s'adresser s'il y a quelque-chose. Il est très important de sensibiliser aussi les professionnels."

L'ASBL Femmes en détresse offre déjà ces formations. Elle souhaite cependant coopérer davantage avec le personnel des hôpitaux et les médecins généralistes.

"Ne détournez pas le regard": tel était l'appel lancé par le Conseil national des femmes lors du lancement de l'Orange Week. Un appel qui s'adresse à chacun de nous.

Comment bien réagir?

"S'il y a tout à coup beaucoup de cris chez votre voisin et que vous pensez que quelqu'un est en danger, il faut appeler la police. Il ne faut pas hésiter. Il vaut mieux une fois de trop, que pas assez."

Ne pas détourner le regard, mais aussi montrer que vous êtes là pour écouter la personne concernée. Sans vouloir donner de bons conseils supplémentaires, souligne la directrice générale de Femmes en détresse, car ils ne sont souvent pas bien reçus.

Où trouver de l'aide?

Si vous êtes victime de violences, vous pouvez vous adresser à l'ASBL Femmes en détresse.

L'association est joignable sur internet à l'adresse fed.lu

Vous pouvez aussi contacter le site violence.lu

Le service médico-légal pour les adultes victimes de violences, corporelles et sexuelles du Laboratoire national de Santé est joignable à l'adresse internet umedo.lu

Et évidemment les victimes peuvent toujours contacter la police au 113.