L'Agence spatiale luxembourgeoise organisait mercredi au Tramschapp au Limpertsberg la 6e édition de la conférence "NewSpace Europe".

Organisée chaque année, la conférence NewSpace Europe réunit des représentants de start-ups, d'agences spatiales, d'investisseurs et de managers impliqués dans la nouvelle économie spatiale. L'événement vise également à mettre en valeur la contribution du secteur spatial au développement des activités terrestres.

Le Luxembourg compte environ 80 entreprises et agences dont l'activité est articulée autour du thème de l'espace. 1.400 personnes travaillent dans ce secteur. Près de 300 participants étaient attendus à la conférence de mercredi organisée par l'Agence spatiale luxembourgeoise.
Le nouveau ministre de l'Économie, Lex Delles, a souligné lors du discours d'ouverture qu'il s'agissait de détecter les défis pour l'avenir et d'attirer davantage d'entreprises proactivement au Luxembourg.

A cette occasion, RTL a interviewé mercredi le directeur de la Luxembourg Space Agency (LSA), Marc Serres.

Monsieur Serres, quelles sont les activités des entreprises qui travaillent dans le domaine spatial?

"C'est relativement large. Je dirais que la moitié utilise des informations ou des infrastructures pour offrir des services. Un exemple est le secteur maritime, où les navires sont détectés et suivis. D'autres entreprises construisent des choses qui volent. Nous avons au Luxembourg une société qui fabrique des satellites. Ou une autre qui développe des équipements, qui restent au sol afin de communiquer avec les satellites."

La technologie peut également être utilisée dans la lutte contre le changement climatique. Pouvez-vous nous expliquer?

"Les images des satellites sont remplies d'informations, qui peuvent être utilisées pour réaliser des évaluations. Principalement du monitoring pour comprendre ce qui se passe. La météorologie constitue un bon exemple. Sans images satellites, il serait impossible d'avoir les prévisions que nous faisons aujourd'hui."

Qu’est-ce que le "space mining", c’est-à-dire la mise en valeur des ressources spatiales, et où en est précisément le Luxembourg?

"C'est un élément de notre stratégie, qui est à considérer à long terme. Nous ne nous attendons pas à ce que cela ait immédiatement un impact sur notre approche de la diversité économique. Mais peut-être dans 15, 20 ou 25 ans. C'est un domaine dont nous sommes convaincus qu'il va se développer et apporter de nouvelles activités économiques.

En fait, l’exploitation minière ne représente qu’une petite partie de cette approche. Notre objectif est de montrer que ces ressources peuvent également être utilement utilisées dans l’espace pour d’autres activités. Là où nous constatons que beaucoup de choses se sont développées, c’est l’utilisation des ressources de la Lune pour produire du carburant. Celui-ci pourra ensuite être utilisé dans la logistique spatiale, par exemple pour les fusées ou les satellites qui voleront de la Terre vers la Lune et au-delà."

Quels sont les secteurs où on investit le plus en ce moment?

"La durabilité est un fil rouge. Tout ce que nous voulons développer, doit la soutenir. Cela signifie que nous voulons avoir des entreprises qui soient indépendantes et qui ne vivent pas uniquement de fonds publics.

Nous voulons aussi utiliser le spatial pour les activités terrestres. L'agriculture est un exemple simple. Elle peut être optimisée et son impact sur l'environnement minimisé.

Un autre "sujet brûlant" est la composante durabilité dans l’espace. Nous avons de plus en plus de satellites là-haut. Et il y a de plus en plus de débris. Au cours des cinq dernières années, nous avons constaté qu'il y avait de plus en plus d'alertes en raison du risque de collision. C’est une question sur laquelle il y a beaucoup à faire. Cela signifie innovation pour les entreprises, et éventuellement régulation pour les pays.