Elle est la seule surprise du nouveau gouvernement: Martine Deprez, ministre de la Santé et de la Sécurité sociale.

Comme sa prédécesseure Paulette Lenert, Martine Deprez est une nouvelle venue dans la carrière politique. Elle a grandi à Harlange dans l'Oesling, mais elle vit aujourd'hui à Dudelange. Martine Deprez a sa carte au CSV depuis 1986. Elle a été deux fois candidate aux élections communales et une fois candidate aux législatives de 2009. Son expérience professionnelle de 10 ans à l'Inspection générale de la Sécurité sociale a été déterminante pour sa nomination au poste de ministre.

C'était au début de sa carrière, avant qu'elle se lance dans l'enseignement en 2004 en tant que professeur de mathématiques. Jusqu'à il y a deux semaines, Martine Deprez enseignait en effet au Lycée Hubert Clement à Esch-sur-Alzette. Le directeur de l'établissement, Jean Theis, n'a pas appris plus tôt que le reste du pays que son professeur allait devenir ministre: "Peut-être très peu de temps avant les autres, mais pas avant les journaux. Ceux-ci étaient encore plus rapide. Madame Deprez est venue m'avouer le matin que c'était son dernier jour."

La surprise a été énorme au lycée, même parmi les élèves, raconte Martine Deprez. Lorsqu'elle est arrivée en classe le mercredi, les étudiants avaient déjà projeté sur le mur un article de journal qui spéculait sur sa présentation en tant que ministre le soir-même. "Certains avaient les larmes aux yeux. C'était un moment difficile."

Ses collègues professeurs de mathématiques décrivent Martine Deprez comme une personne joyeuse avec qui il était agréable de travailler. Son engagement et son empathie envers les élèves sont soulignés. Elle pouvait aussi être obstinée et entêtée, sourit un prof.

"Tout d'abord, je suis très consensuelle, mais je peux aussi être entêtée," admet Martine Deprez. "Si nous sommes sur le point de discuter et que nous avons décidé d’une direction, je suis la dernière à remettre en question cette direction."

A présent, la nouvelle ministre de la Santé et de la Sécurité sociale veut en priorité revoir la couverture financière des pensions et de la Caisse nationale de Santé. Dans le domaine de la santé, l'accent sera mis sur les programmes de prévention, la question de l'aménagement des hôpitaux pour le futur et la révision de la loi sur le virage ambulatoire. Reste à savoir si cette révision signifie qu'à l'avenir, les IRM et autres dispositifs médicaux lourds seront également autorisés dans des cabinets privés indépendants des hôpitaux. Ce n'est pas encore clair.

"Si je le savais déjà, je serais plus avancée", s'amuse Martine Deprez. "Nous devons voir maintenant où en étaient les discussions quand le projet de loi a été voté. Car je n'étais bien sûr pas impliquée dans ces discussions."

À ce propos, elle souhaite maintenant vérifier en interne auprès de son ministère, puis auprès des acteurs concernés à la Chambre, quels petits rouages peuvent ou doivent encore être actionnés.