Les constructeurs le crient haut et fort: le marché de l'immobilier est à l'arrêt en ce début d'année 2023. Mais que cela signifie-t-il pour l'évolution du prix des logements? L'Observatoire de l'Habitat a une petite idée.

Le marché de l'immobilier luxembourgeois traverse une énième crise en ce début d'année 2023. Après l'explosion des prix, on a eu droit à plusieurs hausses successives des taux d'intérêt. Un facteur qui a changé la donne.

"On avait un peu oublié" à quel point le marché du logement dépendait des taux au Grand-Duché. C'est ce que déclarait déjà Julien Licheron, chercheur à l'Observatoire de l'Habitat, au mois de décembre dernier dans notre émission dédiée à l'immobilier.

En effet, si un ralentissement de l'activité avait déjà été constaté en 2021 puis en 2022, rare sont ceux qui auraient pu prédire la situation dans laquelle se trouve le marché actuellement.

Deux poids lourd du secteur de la construction ont d'ailleurs récemment tiré la sonnette d'alarme, demandant à l'Etat luxembourgeois d'intervenir afin de sortir le marché du logement de l'impasse.

Roland Kuhn, à la tête d'une des plus anciennes sociétés de construction du pays, demandait mercredi, lors des assises du logement "des aides sur douze mois".

Une requête à laquelle le ministre du Logement a partiellement accédé en annonçant être en faveur d'une hausse du "Bëllegen Akt"et d'une exemption des frais d'enregistrement sur la VEFA.

Mais cela pourrait-il suffire? Pas d'après Marc Giorgetti qui a fait entendre sa voix sur nos ondes jeudi matin. D'après lui, il ne faut pas s'attendre à ce que la baisse de l'activité mène à une baisse des prix. 

Le chef d'entreprise a rappelé que le Luxembourg avait besoin de 5.000 logements par an simplement pour satisfaire la demande. Cependant, dans l'état des choses, les constructeurs auront du mal à dépasser la barre des 2.000 logements construits en un an. 

De son côté, l'Observatoire de l'Habitat a formulé deux scénarios probables. Et tout dépendra du comportement des vendeurs soit, les constructeurs et les promoteurs du Grand-Duché. Parce qu'une chose est sûre, les taux d'intérêt ne baisseront pas de sitôt.

Contacté par nos soins, Julien Licheron explique que "soit les vendeurs décident majoritairement d'attendre avant de baisser leurs prix" auquel cas, "nous aurons une très forte baisse de l'activité en 2023 mais une baisse très modérée des prix voire une hausse des prix". 

L'autre scénario possible d'après lui, c'est qu'ils "anticipent majoritairement une baisse des prix et acceptent de réduire leurs objectifs de vente, permettant à l'activité de repartir mais avec des prix en baisse". Il ajoute que ces scénarios lui semblent "tous deux possibles".

À plus long terme, Julien Licheron considère qu'un retour à une "hausse modérée" des prix des logements est plausible. "Les fondamentaux sont bons, la demande reste structurellement forte et l'offre reste contraient par l'accès au foncier" a-t-il rappelé.