"1.000 logements de moins seront construits cette année et en 2024, encore 50% de moins qu'en 2022", selon les prévisions de Jean-Paul Scheuren, le président de la Chambre immobilière.

Le secteur privé construisait habituellement plus de 4.000 unités par an. "S'il y a un manque de logements, la tension va également augmenter sur le marché de la location", selon Jean-Paul Scheuren. Le président de la Chambre Immobilière était l'invité de la rédaction de RTL mardi.

Le secteur immobilier devrait faire face à une nouvelle situation avec de nombreuses incertitudes, notamment sur le coût d'un projet. Et ce, tant au niveau du financement que de la construction. En cette période, les promoteurs auraient besoin de plus de visibilité. Mais il n'y en aurait pas en ce moment, c'est pourquoi de nombreux projets seraient arrêtés, respectivement les promoteurs feraient preuve d'une grande retenue.

LA PRESSION SUR LE MARCHÉ DE LA LOCATION VA AUGMENTER

Il ne serait pas bien qu'il y ait moins d'unités construites, car la demande de logements serait toujours élevée. Les gens doivent se loger que ce soit via la location ou l'achat. C'est pour cette raison que les prix immobiliers ne vont pas nécessairement baisser, pense le président de la Chambre Immobilière. Pour Jean-Paul Scheuren, le problème est qu'il y a une pénurie de logements locatifs pour ceux qui ont le moins de revenus. Parce qu'on ne construit plus assez et parce qu'il n'y a plus assez d'investisseurs.

Actuellement il serait difficile de parler des prix. Bien que moins de gens puissent acheter et que la demande soit par conséquent moins grande, les prix ont encore augmenté au dernier trimestre 2022. Les coûts de la construction doivent être couverts, et l'indexation sur le prix de vente n'étant pas prévisible, le prix serait majoré afin de pouvoir garantir un montant fixe.

PUBLIC ET PRIVÉ ENSEMBLE CONTRE LA CRISE DU LOGEMENT? 

Il faut à présent chercher des solutions avec l'État, dans l'intérêt du marché du logement mais aussi du secteur. Le président de la Chambre Immobilière a regretté que les promoteurs ne soient plus impliqués dans la discussion sur la manière de maîtriser le marché du logement.

Concernant le rachat de logements que les promoteurs ne peuvent pas vendre, Jean-Paul Scheuren a précisé que ces derniers ne pouvaient pas non plus vendre à perte des unités à l'État. Le ministère du Logement avait par exemple proposé de racheter des logements, pour les mettre en location à des prix abordables. Mais il n'y aurait pas eu d'accord avec les promoteurs privés sur le prix.

Jean-Paul Scheuren a encore annoncé que la Chambre Immobilière était en train d'élaborer un modèle de demande d'octroi de chômage partiel sectoriel pour les agences immobilières. La demande d'octroi de chômage partiel est prévue pour le cas où un secteur économique est confronté à des difficultés.