Le Français Julien Doussot et son épouse ukrainienne Tetiana Tarasenko vivent au Luxembourg et ont spontanément lancé une opération de solidarité. Ils sont en route vers la frontière entre la Pologne et l'Ukraine. Notre reporter Annick Goerens, est dans le bus avec eux.

Au-delà des actions de solidarité envers l'Ukraine des associations et des organisations non-gouvernementales habituelles, de plus en plus d'initiatives privées sont lancées pour venir en aide à l'Ukraine et pour amener des réfugiés au Luxembourg.

Un bus est parti mercredi à 6h00 de Kockelscheuer à destination de la frontière entre la Pologne et l'Ukraine, avec pour objectif de ramener au Luxembourg des réfugiés ukrainiens. La journaliste-reporter de RTL, Annick Goerens, est à bord. Pour ne pas faire le voyage aller à vide, le bus a été rempli de produits de première nécessité et de matériel destinés aux Ukrainiens.

-> "Le Luxembourg aide l'Ukraine": Des collectes s'organisent aux quatre coins du pays

Une ASBL fondée ces derniers jours, "Slava Ukrayini Luxembourg" ("Honneur de l'Ukraine - Luxembourg"), est à l'origine de l'opération. La société Sales-Lentz a mis un autocar à disposition, avec cinq chauffeurs pour se relayer au volant.

1.300 KM PARCOURUS MERCREDI

Notre reporter est toujours ce jeudi dans le bus qui se dirige vers la frontière entre la Pologne et l'Ukraine. Mercredi il a parcouru plus de 1.300 kilomètres en plus de dix-sept heures, direction Varsovie. L'aide a été transportée dans un dépôt et jeudi, le voyage se poursuit en direction de la frontière avec l'Ukraine. Tout a commencé quand Julien Doussot, un Français qui vit et travaille au Luxembourg, et son épouse Tetiana Tarasenko, une avocate ukrainienne qui travaille aussi au Grand-Duché, ont voulu secourir leur famille et leurs amis qui ont fui Kiev. Au départ, ils voulaient simplement faire le voyage avec une camionnette, mais en quatre jours leur projet a pris beaucoup d'ampleur.

"
C‘est à dire que maintenant on a un bus de 54 places. On doit avoir au moins une tonne et demie, voire 2 tonnes de matériel et on part pour aller chercher une quarantaine de personnes."

44 RÉFUGIÉS A EMMENER AU LUXEMBOURG

Il était en fait prévu d'aller chercher la mère et le frère de Tetiana, qui avaient fui à Lviv, et de les ramener au Luxembourg. Mais Tetiana a reçu de mauvaises nouvelles mercredi.

"Ils sont retournés à Kiev, parce que mon frère ne peut plus rester inactif. Il va se rendre jeudi à la base militaire pour être envoyé à la guerre. Ma mère aussi est fatiguée. Elle a vécu chez des étrangers. Et il faut ajouter qu'elle est limitée. Elle ne peut pas bien se déplacer. Ce qui signifie qu'elle ne pourrait pas fuir si elle le devait. Abstraction faite de cela, elle m'a dit maintenant, si je meurs, alors c'est ici, dans ma patrie. Et nous sommes choqués et je ne peux pas vous décrire ce sentiment, quand tu t'aperçois que tu ne peux pas aider ta famille."

-> Suivez ici notre direct sur la crise ukrainienne

Mais le bus va quand même emmener 44 réfugiés au Luxembourg vendredi. Ce ne sera toutefois que la première étape, explique Julien Doussot.

"J‘ai envie de dire, les problèmes commencent là, parce qu‘on va chercher des gens qui n‘ont plus rien du tout. Pour beaucoup ils sont partis en train avec un sac à dos et ils ont laissé toute leur vie derrière eux. Et il y a juste à regarder la télé pour regarder que dans beaucoup d‘endroits tout a été complètement détruit. Donc il faut qu‘on arrive à prendre soin de ces gens-là."

TROUVER DES LOGEMENTS PLUS PÉRENNES

Il ne suffit pas d'amener ces gens au Grand-Duché. C'est pour cette raison qu'a été fondée l'asbl "Slava Ukrayini Luxembourg". Grâce à l'aide de bénévoles, des logements sont maintenant prêts, mais ce serait seulement provisoire.

"C‘est à dire que derrière il va falloir voir avec les autorités. Il va falloir que les autorités puissent trouver des logements plus pérennes. Il va falloir que les enfants puissent aller à l‘école. Mais tout ça va mettre du temps. Les autorités luxembourgeoises sont fantastiques, franchement je vis depuis des années au Luxembourg et j‘adore, mais ils sont juste pas rapides."

C'est pourquoi ils auraient maintenant besoin de dons, afin de pouvoir garantir la prise en charge des gens, jusqu'à ce que l'État les prenne lui-même en charge, selon Julien Doussot.

RTL