Détresse, pleurs et détermination. Alors que l'armée russe a envahi leur pays ce jeudi matin, les Ukrainiens expatriés abasourdis, et des citoyens du monde, ont défilé dans les rues de Luxembourg pour que Poutine et la guerre naissante soient stoppés.

"On est rassemblé ici pour dire qu'il faut arrêter Poutine c'est le nouveau Hitler", lance Nicolas Zharov, le président de l'asbl LUkraine, à la foule silencieuse, Place Clairefontaine.

"Le monde doit ouvrir les yeux! Poutine est en train de commencer la 3e Guerre mondiale. Poutine ne va pas s'arrêter à l'Ukraine! Les Pays Baltes, la Pologne, la Tchéquie… Tous les pays qui étaient sous l'influence soviétique sont en danger!", explique, convaincu et la voix tremblante, Nicolas Zharov, une écharpe aux couleurs de l'Ukraine autour du cou.

Face à l'urgence de la situation, mais aussi la détresse dans laquelle sont plongés depuis 4h00 les Ukrainiens expatriés (un millier au Luxembourg), l'asbl est parvenue à organiser dès ce jeudi à l'heure du déjeuner une manifestation normalement prévue samedi. Le message lancé au monde depuis la Place Clairefontaine est simple: "Arrêtez Poutine!" et "Soutenez l'Ukraine" par tous les moyens possibles, militaires, médicaux et humanitaires.

Entre 400 et 500 personnes, des Ukrainiens mais aussi des Luxembourgeois, Français, Allemands, Italiens, Biélorusses, Azerbaïdjanais,... et des Russes ont ensuite défilé dans la Grand-Rue avant de faire le tour de la Ville avec un immense drapeau jaune et bleu.

"Nous sommes là pour montrer que nous sommes en désaccord total avec toutes les actions de la Russie", explique Anna Dolya, Ukrainienne établie au Luxembourg depuis cinq ans, venue à la manifestation avec son fils Frédéric. Serrant les drapeaux ukrainien et luxembourgeois, fort entre ses doigts, elle glisse: "Nous attendons une réponse unie de tous les pays du monde et une réponse forte de la part de l'Union européenne".

Car "même si l'Ukraine ne fait pas partie de l'Union européenne, elle fait partie de l'Europe. Nous avons tous l'esprit européen!", assure Nicolas Zharov. Les Ukrainiens, appuie-t-il, "partagent les mêmes opinions que les Luxembourgeois" et comme eux "nous voulons rester ce que nous sommes". Référence à la devise nationale luxembourgeoise, extraite du chant "De Feierwon".

"ILS SONT COMPLÈTEMENTS PANIQUÉS"

Dans la foule, la tension et le désarroi sont palpables. Abasourdis, les Ukrainiens suivent l'invasion des armées russes et craignent pour la vie de leurs proches et amis. "Ma maman a été réveillée par des bombes dans la région de Vinnytsia", au cœur du pays, raconte Tetyana Narcisse qui vit près de Metz. Invraisemblable, quelques heures auparavant. Là-bas "ils sont complètement paniqués", explique-t-elle.

Comme l'armée russe bombarde tous les points stratégiques, la plus grande peur des Ukrainiens expatriés est à présent de perdre le contact avec leurs familles qui font face à un début de chaos et des bouchons interminables pour quitter les grands centres urbains. "Pour le moment j'ai le contact, mais j'ai peur que dans peu de temps, ça va couper", glisse Mariana Andreiko.

"Je voudrais que tout le monde sache que le peuple russe ne soutient pas cette agression, ni la politique russe", pose Ksenia Korneva, russe de nationalité mais "à demi Ukrainienne", en tenant une pancarte sur laquelle elle a inscrit "Poutine, ennemi du peuple".

NOUVELLE MANIF' PRÉVUE SAMEDI
Le président de l'asbl LUkraine assure qu'une nouvelle manifestation est déjà dans les tuyaux: "Une grande manifestation qui aura lieu ce samedi à 10h00 sur la Place Clairefontaine", annonce Nicolas Zharov.

Il prévient, plus généralement que "d'autres actions sont prévues". En coulisses l'asbl est déjà en train d'organiser une action humanitaire pour venir en aide au peuple ukrainien.

-> Suivez la crise ukrainienne en direct grâce à notre Live