Chaque année, la Chambre des salariés publie une étude sur la qualité de vie au travail. Son étude confirme que 2020 a bien remué le quotidien des travailleurs.

Charge de travail, coopération entre collègues, stress... Depuis 2014, la Chambre des salariés (CSL), l'Université du Luxembourg et l'institut infas étudient de nombreuses composantes de la vie au travail. Après une année 2020 durant laquelle certaines activités ont été brutalement arrêtées ou contraintes de se poursuivre à distance, son rapport était très attendu.

De manière générale, la note globale de la qualité de vie au travail "s'est considérablement détériorée" l'an dernier. Elle atteint une note de 53,5, soit son niveau le plus bas depuis le début des mesures en 2014 (contre 55,4 en 2019). Les jeunes salariés, les conducteurs d'installation et de machines ou encore les travailleurs à temps partiel sont les plus concernés par cette dégradation. Plus généralement, la CSL note que "le score de la qualité de travail est nettement moins bon chez les salariés qui ne travaillent pas à domicile".

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La note globale de 2020 est la plus basse jamais enregistrée. / © Chambre des salariés

Dans le détail, les personnes interrogées n'ont pas ressenti de différences concernant le harcèlement. Et quand bien même l'emploi a rebondi au Luxembourg, ses composantes sont moins bonnes. Charge mentale, travail dans l'urgence et difficulté à changer d'emploi n'ont pas évolué dans le bon sens en 2020. La Chambre des salariés note surtout une forte augmentation des exigences émotionnelles au travail.

Si le négatif a gagné du terrain,le positif... recule lui aussi. "L'autonomie au travail et la participation à la prise de décision ont particulièrement souffert de la situation de la crise sanitaire de 2020" notent les auteurs de l'étude. La sécurité de l'emploi a reculé - après six ans d'amélioration - et la satisfaction de la rémunération a régressé en 2020 selon les salariés du Luxembourg.

Outre le climat général difficile, les mesures sanitaires sont parfois directement responsables de ces moins bonnes conditions. "Compte tenu de la forte proportion de télétravail" mais aussi "du port du masque rendant la communication interhumaine plus difficile", la Chambre constate que "la collaboration entre collègues et le sentiment d'obtenir un retour sur le travail effectué ont été moins bien notés qu'en 2019".

Toutes ces difficultés ont fait reculer le bien-être au travail. La satisfaction au travail est au plus bas depuis deux ans. Elle obtient même son deuxième score le plus faible depuis le début de l'étude. Et la motivation au travail a pris un sérieux coup elle aussi.  Pour ne rien arranger, les salariés ont rapporté une hausse des conflits entre vie privée et vie professionnelle et davantage d'épuisement professionnel (burnout).

Méthodologie: 2.364 personnes âgées de 16 à 64 ans et qui ont un emploi régulier de dix heures ou plus par semaine ont participé à l'enquête. Les individus interrogés sont résidents du Grand-Duché ou travailleurs frontaliers.

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