Emmanuel Macron a annoncé vendredi qu'il allait "sans doute" élargir au lycée l'interdiction du téléphone portable à partir de la rentrée prochaine, cette mesure étant déjà en place au collège.

"On l'avait fait dans les collèges de manière expérimentale, on l'a généralisé en septembre dernier" et cela fonctionne "plutôt bien", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un échange avec les lecteurs des journaux régionaux de l'est de la France du groupe Ebra à Mirecourt, dans les Vosges.

"A partir de la rentrée prochaine, on veut faire +plus de portables au lycée+ pour vraiment aller au bout de cette démarche et dire: +c'est pas le lieu où vous devez faire ça, c'est le lieu où vous apprenez et puis c'est le lieu où vous échangez+", a-t-il dit.

"On a sorti le portable du collège, maintenant dans tous les collèges à la rentrée dernière, on va sans doute l'élargir aux lycées à la rentrée prochaine avec le ministre. Il est en train de regarder ça", a ajouté le chef de l'Etat.

Lutte contre les fausses informations en ligne

Lors de cette même rencontre avec des lecteurs du groupe de presse Ebra, Emmanuel Macron a aussi dévoilé son intention de créer un dispositif judiciaire d’urgence pour contrer la diffusion de fausses informations ou de contenus portant atteinte à la dignité des personnes sur les réseaux sociaux.

Le président a précisé qu’il souhaitait inscrire ce nouveau « référé » dans le droit français "le plus rapidement possible". Il a rappelé avoir réuni cette semaine un conseil de défense consacré à la lutte informationnelle, demandant au gouvernement de lui remettre des propositions d’ici la fin de l’année.

Interrogé par une femme qui s'est dite harcelée sur les réseaux par un collègue qui a continué à diffuser des images d'elle détournées par l'intelligence artificielle malgré une première condamnation, Emmanuel Macron a souligné qu'il avait lui-même été "personnellement" confronté "au même genre de choses", et son épouse Brigitte Macron "encore plus".

"On est totalement démuni. C'est-à-dire que ça prend un temps fou, ça continue, les gens le voient, il y a des fadas pour penser que c'est vrai. Et puis ça, ça vous mine", a dit le chef de l'Etat.

"Et là, on n'a aucun moyen de saisir le juge. Et donc ce vers quoi il faut qu'on aille, c'est de mettre vraiment en place" un système "de référé" pour demander au juge "de statuer en 48 heures" et "d'obliger" le harceleur présumé à "fermer" ses publications, a-t-il plaidé.