En France, une étude démontre qu'en rechargeant son véhicule électrique majoritairement chez soi et en utilisant à bon escient les bornes publiques, rouler en électrique pourrait revenir trois fois moins cher que faire le plein d'une voiture thermique. Mais jusqu'à quand ?

La France compte désormais un peu plus de 111.000 bornes de recharge publique. C'est encore insuffisant, mais cela permet néanmoins de pouvoir se déplacer un peu partout sur le territoire sans risquer de tomber en panne. Parmi elles, seules 8% proposent une puissance dépassant les 150 kW, ce qui limite considérablement le temps de charge.

Avec l'augmentation du prix de l'électricité, il était à craindre que le coût d'une charge ne flambe, ce qui n'a pas été le cas sur la période étudiée, entre avril et août 2023. Selon un rapport sur le prix de la recharge publique pour les véhicules électriques publié par l'Avere-France, un conducteur typique, qui parcourt environ 15.000 km par an, dépenserait en moyenne entre 10,48 et 14,73 euros par mois pour recharger sa voiture sur des bornes publiques, selon qu'il bénéficie ou non d'un abonnement. Ce coût mensuel implique que 85% des recharges électriques s'effectuent à domicile (dont le tarif est bien moins excessif), 5% sur des bornes publiques classiques et 10% sur des bornes publiques ultra-rapide.

Le plus économique reste de recharger chez soi

Les "gros rouleurs", les conducteurs qui font 30.000 km par an, devraient débourser 64 euros supplémentaires. Comme ils font plus de route, l'étude estime que 40% des recharges sont réalisées à la maison et la moitié sur des bornes publiques ultra-rapides.

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En octobre, le prix moyen d'une session de recharge sur une borne publique était compris entre 0,33 euro (courant continu) et 0,36 euro (alternatif) le kWh. Attention, il s'agit là d'un tarif B2B (hors taxes), auquel il faut ajouter d'autres frais et la marge de l'opérateur. À titre de comparaison, une charge à domicile coûte en moyenne 0,2 euro du kWh, ce qui divise les coûts par deux comparé à une borne publique. La solution la plus économique est donc de recharger sa voiture électrique chez soi.

Au final, le budget carburant annuel d'un conducteur typique d'une voiture électrique (85% de recharge à domicile) peut être divisé par trois par rapport à un automobiliste au volant d'un véhicule thermique. En moyenne, il faut compter 539,50 euros par an pour la recharge de sa voiture électrique (dont environ 150 euros de recharge publique) contre 1.526 euros (diesel) ou 1.635 euros (essence) pour un budget carburant traditionnel.

En résumé, si on compare uniquement le budget carburant, le match est plié. Mais les choses pourraient rapidement se compliquer. Aujourd'hui marché de niche, la mobilité électrique devra relever de nombreux défis pour réussir à se généraliser : les infrastructures de recharge sont encore trop rares et non dimensionnées pour amortir un afflux massif de véhicules. La lenteur de recharge pose aussi de nombreux problèmes logistiques. Et beaucoup s'inquiètent, et à raison, d'une flambée prochaine du prix de l'électricité, des abonnements, et de nouvelles taxes visant spécifiquement les V.E.

On manque aussi de recul sur le coût total des V.E., notamment les coûts liés à l'entretien et le remplacement des coûteuses batteries, d'autant que les VE sont de base souvent plus chers que les véhicules thermiques équivalents. Sans oublier les problèmes de pollution induits par les batteries et la surdimension des véhicules électriques. Bref, ces derniers sont encore loin d'avoir gagné leur surnom de véhicules "propres" et "d'avenir".