L'hôpital de Remiremont (Vosges), visé par plusieurs plaintes à la suite de décès suspects de patients, est "en reconstruction", a estimé lundi le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, qui a affiché sa "confiance" dans l'établissement.

"Je suis venu à Remiremont pour dire ma confiance dans l'hôpital public et dans l'hôpital public de Remiremont en particulier", a indiqué le ministre lors d'un point presse à l'issue de sa visite.

L'établissement "a connu de grosses difficultés" mais "le travail qui a été conduit, les travaux qui sont conduits (...) font qu'aujourd'hui on est, notamment dans le service de chirurgie, dans une dynamique de reconstruction, de reprise, et dans une situation où la sécurité et la qualité de la prise en charge des patients est totale", a estimé le ministre, qui s'est entretenu avec plusieurs soignants de différents services.

"C'est difficile (...) et on pense évidemment aux personnes" dont un proche est décédé lors d'événements indésirables graves (EIG) dans cet hôpital mais "il faut pourtant dans le même temps que ce service reparte, remonte avec une exigence et des professionnels engagés" et "motivés".

"On ne peut pas se passer d'un centre hospitalier à Remiremont, d'une maternité", a encore insisté M. Rousseau, assurant que la fermeture pendant un mois du service de chirurgie orthopédique "n'était pas le prélude à quelque fermeture que ce soit". "On est dans un hôpital solide, inscrit dans son territoire", a-t-il encore estimé.

Depuis l'an dernier, une douzaine de plaintes visent l'hôpital pour des décès suspects de patients, notamment dans le service de chirurgie orthopédique.

Deux nouvelles plaintes sont en préparation, a indiqué à l'AFP Nancy Risacher, l'une des avocates des proches de personnes décédées. M. Rousseau a rencontré une quinzaine d'entre eux lors de sa visite à Remiremont.

A la suite des premières plaintes de familles, une enquête avait été menée par l'Agence régionale de santé (ARS), qui avait rapporté, début octobre, une "tenue médiocre des dossiers médicaux", l'absence de visite dans de bonnes conditions par le chirurgien des patients qui ont été opérés, des problèmes de "staff" médical ou encore un manque d'encadrement des internes par un tuteur.

Une nouvelle visite de contrôle est prévue début 2024, selon l'ARS.